Juste avant ta naissance

Je me souviens de cette discussion au téléphone avec l’ostéopathe, quelques heures plus tôt. J’avais raccroché en me disant « ok, je peux lâcher prise, j’ai fait ce qu’il fallait ». Je me souviens de cette envie irrépressible de dormir après avoir pris ma douche et m’être dit « tant pis, je mangerai plus tard ». Je me suis étirée comme un chat, j’ai mis un pied à terre et j’ai compris.

J’ai appelé mon amoureux, j’étais calme, si calme, je n’en revenais pas moi-même : « j’ai fissuré la poche des eaux, il faut que tu rentres! ». Un appel à la voisine pour qu’elle récupère PetitPoc à la sortie de l’école : « vous passez me voir? Je veux lui faire un dernier câlin surtout! ». Je crois qu’il n’a pas trop compris ce qu’il se passait, tout occupé à planifier les jeux avec son copain. Son père est arrivé au même moment et c’est devant cette vigne flamboyante que nous avons pris quelques photos, celles de nos derniers moments à trois.

Sur le trajet de la maternité j’ai été happée par cette lumière dorée, celle qu’on ne trouve ici qu’en hiver, au moment où le soleil se couche. Je l’ai fixée, je l’ai avalée tout entière. J’étais toujours incroyablement calme, bien trop calme sûrement.

17:00 – aux admissions. Le sourire aux lèvres en découvrant cette sage-femme que j’aimais pour sa douceur. Après un rapide examen on passe en salle de naissance, déçus d’apprendre que la salle nature était occupée. Ma déception est très vite balayée, après tout j’ai décidé de prendre les choses comme elles viennent, et ça fonctionne. On blague sur le fait qu’elle finit son service 2h30 plus tard et que le bébé sera sûrement là, vu que « j’accouche vite ». Elle lit notre projet de naissance et m’assure que toutes nos demandes seront respectées car elles sont dans leurs habitudes. On plonge la salle dans la pénombre, je me mets sur le ballon, mon amoureux met en marche la musique et c’est là que l’attente commence, ou presque.

Quelques minutes plus tard la sage-femme revient « la dame qui était en salle nature ne la veut plus… ça vous intéresse? ». Vous auriez vu mon sourire! On m’installe en chambre (celle de mon hospitalisation quelques semaines plus tôt) le temps de nettoyer la baignoire, on me propose de manger un peu… et quelques instants plus tard je découvre cette pièce tant convoitée. Elle est bien plus petite mais en son centre trône une grande baignoire, sur le côté il y a un grand lit qui tient plus du canapé que du lit médicalisé, des lianes, un ballon, une salle d’eau privée. On tamise à nouveau les lumières, la musique repart, je rentre dans l’eau. Je me sens bien.

La sage-femme de la nuit vient se présenter. Elle passe un long moment avec nous, me suggère des positions pour gérer la douleur. Quelque chose en elle me rassure et quand elle me dit « je savais qu’une patiente avec un SED devait accoucher ici, j’espérais tomber sur vous, mon fils a aussi cette maladie », je n’en reviens pas. Les heures passent, rythmées par les contractions. La sage-femme se fait discrète quand il le faut, soutenante quand j’en ai besoin. Les examens se font à ma demande et j’alterne ballon, baignoire, liane. Je peux boire, manger un peu, reprendre des forces.

Je ne mentirai pas, j’ai eu mal, très mal… mais à aucun moment je n’ai souffert de la douleur. Elle était mon alliée, celle qui permettrait la naissance de notre bébé. Nous étions une vrai équipe, le bébé, mon amoureux, la sage-femme et moi, et c’était tout ce que je souhaitais. Être soutenu, guidée, épaulée. Et je l’ai été.

Pendant tout ce temps je me sens bien même si quelque chose m’échappe : malgré les contractions rien ne bouge. Je ne comprends pas. Homéopathie, acupuncture, positions… plusieurs choses sont tentées en vain.

Quand soudain, à 4h du matin…

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3 Responses

  1. Maman au balcon
    Maman au balcon at |

    Han mais on (je) veut savoir la suite !!!

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  2. Béatrice
    Béatrice at |

    et … ? 😉
    (des bises !)

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  3. Le jour de ta naissance
    Le jour de ta naissance at |

    […] (si vous avez loupé le début c’est ici) […]

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